Mardi 22 juillet 2008
Jeudi je suis partie à Paris.
D'abord pour une semaine. Et très vite pour 10 jours.
Mais je suis rentrée aujourd'hui MARDI.
Je sors du train, pas le temps de passer chez moi, la messe est à 14h.
Je rentre dans l'église et devant le cercueil je ne sais même plus faire le signe de croix. Je fais un vague truc qui y ressemble en espérant qu'on ne m'en voudra pas.
Je cherche ma mère.
Elle est là devant avec ses 3 soeurs et sa mère à elle.
Je me faufile, je lui demande si ça va.
Tiens, pas de maquillage. Ca, ça veut dire qu'elle a prévu le coup.
Je m'autorise une blague pourrie quelques minutes après. Ouf, elle rigole.
D'ailleurs la messe est tellement passionnante que je ne suis pas la seule à vanner. Une des soeurs à ma droite ironise sur la "cagnotte" : "Il va pouvoir se faire un chinois le curé ce soir!".
Petite, j'allais à la messe tous les dimanches. C'était comme ça.
Quand on s'agenouillait, je savais que c'était presque la fin de l'office.
Mais aujourd'hui on ne s'est pas agenouillés. Debout. Assis. Debout. Assis. Waf waf.
J'ai eu l'impression que ça ne finirait jamais.
J'ai pensé à cette discussion avec Valy à 
Blancherupt
Le commerce mortuaire...
Je regarde cette boîte devant moi. Je n'arrive même pas à imaginer qu'il est là dedans tellement elle me semble étroite.
Je méprise le show du curé. Ca fait chier tout le monde je suis sûre.
Je crois que seule l'intervention de mon frère nous a fait réaliser pour qui on était là.
Parce que franchement; à l'écouter l'autre, on était tous là pour Jésus et c'est tout hein.
"LUI, il doit se foutre de notre gueule là-haut!" poursuit la frangine.
Et ELLE. ELLE qui ne se rend même pas compte qu'on l'enterre LUI.
Mais c'est peut-être mieux comme ça. La maladie rend peut-être service cette fois-ci.
Ca y'est, l'heure de l'hostie. C'est bon ce petit truc rond.
On sort.
Tout le monde se retrouve devant l'église.
C'est ma famille et il y a des gens que je ne connais pas. Certains que je n'ai même jamais vu.
À l'intérieur, au premier rang, j'étais à l'abri. Et là je suis confrontée à toutes ces larmes.
Hier j'étais mal à l'aise parce que j'ai pleuré devant quelqu'un.
Aujourd'hui je suis soulagée. Parce que ma faiblesse d'hier me permet de me retenir aujourd'hui devant tous ces gens.
"Dis bonjour à Papa..."
En une seconde je me retrouve face à mon père et ma mère. Image tellement rare que je suis restée plantée là comme une conne à les observer. J'ai à peine réussi à reculer d'un pas.
Après le cimetière, tout le monde au resto pour trinquer.
Ca rigole, ça papote, ça se découvre ou se redécouvre.
Les derniers sont encore conviés dans cette maison où LUI ne sera plus.
Mais que personne ne doute, il est bien mieux là-bas.

LUNDI. Séance photo avec Ludo.
Je ne me suis pas maquillée (tiens avec du recul j'avais peut-être inconsciemment prévu le coup moi aussi), mais je me suis coiffée. J'ai fait une moitié d'effort.
Côté fringues, Ludo vous dira que je n'ai fait aucun effort du tout. Du noir, du noir et du noir. Ah tiens du gris. Même pas de pompes.
On s'en fout je finis en culotte de toute façon!
Enfin bon j'ai quand même été punie de venir à l'arrache comme ça : une vilaine énooorme planche m'est tombée sur la tête. On appelle ça le coup de grâce.
Je suis "belle" (dixit Ludo) sur les photos d'après à ce qui paraît. On va dire que ça valait bien une bosse.

DIMANCHE. Un vrai dimanche off. Squat des canapés à matter des trucs plus ou moins intelligents à la télé.
Enfin jusqu'à ce qu'on s'endorme... Parce que :

SAMEDI. Des filles, ça parle beaucoup. Ici pendant 8h.
Pourtant on devait sortir, c'était tombé sur pile!
Mais on avait bien trop de conneries à se raconter sur fond de vodka - pomme/violette.
L'après-midi, c'était séance photo.
Avec Rémi derrière l'appareil et Guilaine au makeup/tignasse.
Et un serpent qui a attendu ma venue pour se vider! Sur mes chaussettes. Et mon pantalon. Si, si.

VENDREDI. C'est pic nic au champ de Mars. Il fait pas très chaud mais on s'en fout on y va quand même.
Sauf que sortie du métro, j'apprends pour LUI.
Alors faire croire que je décuve de ma soirée de jeudi c'est plus facile.

JEUDI. J'arrive à Paris.
J'ai ce qu'on appelle un rendez vous surprise à 21h.
Et la surprise est bonne.
Ca parle, ça mange, ça picole, ça questionne, ça se marre. Ca craque. Ca boit encore, ça s'épuise, ça s'endort à l'arrière sur le scooter. Ca tombe et ça se fait un gros bleu aux fesses. Ca se marre toujours.
Je me réveille vraiment en vrac le lendemain mais je suis d'une humeur de dingue en racontant ma soirée à Seb.
J'avais besoin de tout ça.

La faire à l'envers ça passe mieux.

Oui bientôt des photos de culotte et de serpent ^^







 
Par nadia wicker
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